L’œuvre de la semaine : « Portrait de madame Helleu en robe blanche »

Comme vous le savez maintenant, le musée des beaux-arts de Saint-Lô présente depuis le 13 mai, et ce jusqu’au dimanche 18 septembre, une exposition intitulée « Sous le soleil de Normandie… Une journée à la mer au temps des impressionnistes » dans le cadre du festival Normandie Impressionniste. Cette exposition vous fait entrer dans le quotidien d’une élégante en villégiature en Normandie au début du 20e siècle. En totale immersion, suivez-la dans sa quête de beauté, de bien-être, et lors de ses sorties mondaines.

Derrière nous le Tour de France, la fête de la musique, la fête de la Vire… Alors en ce mois de septembre et à l’approche de la clôture de cette splendide exposition, prenons le temps. Prenons le temps de lire la prose de Robert Blaizeau, directeur des musées de Saint-Lô. Prenons le temps de regarder et d’apprécier le talent et la sensibilité de Paul-César Helleu.

Portrait de madame Helleu en robe blanche, par Paul-César Helleu (1859-1927)

29Vers 1902. Huile sur toile, musée Bonnat-Helleu, musée des beaux-arts de Bayonne

En 1900, séjourner à la mer n’est plus une activité réservée aux élites. Plusieurs dizaines de milliers de personnes séjournent alors chaque année sur la côte normande. Les stations réputées chics comme Trouville et Deauville attirent financiers, diplomates, aristocrates, grands bourgeois et industriels qui forment la « haute société » de la Belle Epoque, tandis que les plages de la Manche sont fréquentées d’une clientèle familiale plus modeste composée de fonctionnaires et d’employés.

Les tenues sont un critère important de l’élégance féminine. En 1900, on considère que l’un des principaux rôles d’une femme est de plaire. C’est pourquoi elle doit être apprêtée, aimable et faire preuve de bon goût. En villégiature, le vêtement favori des dames est la robe blanche, vêtement léger souvent orné de dentelles et de broderies.

A la Belle Epoque, la silhouette féminine a évolué vers plus de finesse et de souplesse. Le bas du dos s’étire, le corps s’allonge, gagne en verticalité. Le tissu, qui, auparavant, était bouffant et large pour masquer le corps, colle désormais à la peau et révèle les formes naturelles. Le corset, que l’on devine sous les robes, est lacé en taille de guêpe pour amincir le tronc et les hanches. La cambrure de la femme s’accentue : une belle femme vue de profil semble comme un S.

Vêtue de sa coutumière robe blanche à volants, Alice Helleu s’apprête à ouvrir la porte devant laquelle elle se tient. De dos, elle tourne la tête vers le spectateur, comme découvrant sa présence. Le format en pied (plutôt rare chez les impressionnistes), le cadrage et le fond neutre de la scène inscrivent ce tableau dans la tradition du portrait officiel mais Helleu lui donne une dimension beaucoup plus intime en surprenant le modèle dans ses occupations quotidiennes.

 

ATTENTION : dernière semaine pour découvrir cette exposition et ses nombreux trésors. Lundi 19 septembre, il sera trop tard !

tél. 02 33 72 52 55 / musee@saint-lo.fr

http://www.saint-lo.fr/Culture/Musees/Musee-des-Beaux-Arts